Union Locale CGT de Lanester, Hennebont et sa région.

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SMART-DAIMLER-BENZ : LE VRAI VISAGE DE LA "NÉGOCIATION D’ENTREPRISE", OU L’EXEMPLE PARFAIT D’UN MONDE SANS LOI DOMINÉ PAR LE CHANTAGE PATRONAL À L’EMPLOI dimanche 13 septembre 2015

 source : Filpac CGT

 

AU DELÀ DU MENSONGE MÉDIATIQUE, DÉCRYPTAGE.

1. Smart ? De quelle société s’agit-il ? Une filiale Daimler Mercedes Benz

smart (dérivé du nom de projet Swatch Mercedes Art car1) est une marque automobile allemande créée en 1994 sous l’impulsion du groupe horloger suisse Swatch en collaboration avec le constructeur allemand Mercedes-Benz.

Fondé en Suisse en 1994 sous le nom de Micro Compact Car AG (MCC), de 2002 à 2006 l’entreprise, spécialisée dans la manufacture de micro-voitures citadines à deux places, opère sous le nom smart GmbH, puis est entièrement reprise et incorporée dans la division Mercedes-Benz du groupe allemand Daimler AG.

Daimler AG (anciennement DaimlerChrysler AG), dont le siège social est à Stuttgart en Allemagne, est un constructeur d’automobiles et de camions ainsi qu’un fournisseur de services financiers (via Daimler Financial Services). DaimlerChrysler naquit de la fusion en 1998 de Daimler-Benz AG et de Chrysler Corporation. En 2007, à la suite des mauvais résultats du groupe, la branche Chrysler du groupe fut revendue et, en octobre, la société renommée Daimler AG.

Actionnariat de Daimler

Après le retrait, le 11 octobre 2012, d’Aabar Investments, contrôlé indirectement par le gouvernement de l’émirat d’Abu Dhabi 9,1 % ,

- l’État du Koweït est devenu le plus gros investisseur de Daimler AG avec 6,9 % suivi par la Deutsche Bank avec un peu moins de 4,35 % et l’émirat de Dubaï avec un peu plus de 2 % des actions du groupe8.

La répartition des actionnaires par régions 9 :

• 72,2 % Investisseurs institutionnels

• 17,8 % Investisseurs privés

• 6,9 % Koweït

- 3,1 % Alliance Renault-Nissan

2. Le chantage à l’emploi

- Les 800 salariés de l’usine automobile Smart, basée à Hambach, ont été appelés par la direction à se prononcer ce vendredi sur une proposition censée économiser 5% de la masse salariale.

Les médias présentent ça comme une affaire de temps de travail, les salariés auraient dit « oui » aux 39 heures payées 37

Le taux de participation s’est élevé à 93,3%.

Dans un communiqué lénifiant, la direction de Smart France s’est félicitée « de ce résultat qui confirme l’engagement de ses coéquipiers en faveur de l’usine de Hambach ».

- La proposition des dirigeants de l’usine conduirait à remonter le temps de travail hebdomadaire de 35 à 37 heures dès l’automne, puis à 39 heures entre 2016 et 2018, avant de redescendre à 35 heures en 2020.

En contrepartie, les salariés seraient augmentés de 120 euros brut par mois et toucheraient une prime de 1 000 euros, versée sur deux ans. Soit - pour la rémunération hors prime - 12% de hausse de la durée du travail, contre 6% seulement d’augmentation salariale. Ou encore 90 euros nets par mois en plus pour 17 heures supplémentaires, au lieu de 260 euros normalement.

Ce qui revient à payer quatre heures supplémentaires 30% en dessous du Smic horaire (5,19 euros net de l’heure).

- En échange, la direction garantirait l’emploi jusqu’en 2020, et s’engage à embaucher 50 personnes.

Sinon, llx procédera à de nouveaux licenciements,à commencer par les intérimaires.

- La raison de cette « proposition" n’est pas difficile à comprendre.

L’entreprise va bien, et un tout nouveau modèle vient d’être lancé. Un accord de modulation du temps de travail existe également, et les "modulants" ont déjà plusieurs dizaines d’heures de déficit.

- En fait, la boîte veut envoyer un signal à la direction de Daimler. Le maintien de l’emploi d’ici à 2020 ? C’est impossible à promettre, surtout dans l’automobile, où les retournements peuvent être rapides. Il n’y a qu’à voir Continental à Clairoix, remonté à 39 heures avant de fermer deux ans plus tard.

- Quant aux 50 embauches ? Oui, ils vont faire signer 50 CDI parmi les 160 intérimaires actuels, et vont virer les autres. Au final, il y aura 110 personnes sur le carreau.

- Les économies pour l’entreprise, par ailleurs, paraissent légères. Certes, elle économiserait au final quelque 5% de sa masse salariale. Mais le coût du travail, dans l’automobile, ne représente guère plus de 25% du coût final d’un véhicule. Soit une baisse des dépenses de 1,5% par voiture. Une économie réelle, mais qui reste bien modeste.

3. Un monde patronal européen qui agit sans loi

- Certes, la nature juridique de la proposition pose question. L’entreprise n’étant pas en difficulté, elle ne peut s’inscrire dans un "accord de maintien de l’emploi" tel que le propose la loi de juin 2013.

Quand bien même les syndicats signeraient un tel accord, il risquerait donc de ne pas être opposable aux salariés. Seuls les employés acceptant, individuellement, une modification de leur contrat de travail, pourraient alors remonter aux 39 heures payés 37.

- Comme l’Union européenne a été construite hors des lois sociales, le patronat y fait ce qu’il veut.

En Moselle, chez Smart, la loi qui régit les relations sociales n’est ni la loi française ni la loi allemande, mais le no man’s land sans loi conquis par le patronat.

- Si les médias relaient à fond cette aventure mosellane, c’est qu’elle semble soutenir le rapport Combrexelle dans ce qu’il offre de meilleur au patronat : l’émancipation de toute règle sociale.

- Mais Daimler Benz Smart démontre en fait que le but réel du patronat, ce n’est ni la loi ni l’accord mais un droit absolu d’agir comme bon lui semble, le chantage à l’emploi figurant l’utilisation de l’arme dissuasive du chômage et le pouvoir patronal absolu de licencier, que l’entreprise aille bien ou non.



14/09/2015

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