Union Locale CGT de Lanester, Hennebont et sa région.

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Secteur du bricolage : accord d'exploitation !

source : blog g. Filloche

Le décret coup de force du gouvernement impose à 3 syndicats sur 6 la signature d’un accord d’exploitation des salariés 40 dimanches par an dans le secteur du bricolage

Par un décret unilatéral du 30 décembre 2013 mettant fin au repos du dimanche jusqu’au 1er juillet 2015, le gouvernement a forcé la main de 3 organisations syndicales, afin qu’elles signent un accord d‘ouverture dans le secteur du bricolage.

 

C’est une prime donnée par Michel Sapin aux patrons commettant des infractions : l’ouverture est scandaleusement permise uniquement aux magasins ou elle a déjà été frauduleusement constatée, soit un total non négligeable de 178 établissements (des enseignes Brico Dépôt, Bricomarché, Bricorama-Batkor, Castorama, Leroy-Merlin, Les Briconautes, Mr Bricolage et Weldom…)

 

Tous initialement opposés à l’ouverture des magasins le dimanche, les syndicats ont déploré avoir été mis devant le fait accompli par le gouvernement qui a publié son décret sans qu’il soit subordonné à un accord collectif, (pourtant préconisé par le rapport Bailly).

Mais alors que depuis des années, la CFTC chrétienne lutte contre le travail dominical et a été à l’origine de plusieurs procédures contre des magasins ouvrant le dimanche, elle a finalement capitulé ce qui a permis a CFDT et CGC de suivre.

Patrick Ertz, président de la fédération CFTC du commerce, a admis à l’AFP qu’il y aurait « beaucoup de pédagogie à faire entre une CFTC hostile au travail du dimanche, et une CFTC qui signe un accord sur les contreparties« . C’est l’aveu transparent a peine gêné de quelqu’un qui trahit son syndicat et les salariés.

« Nous serons signataires, ce qui entérine l’accord après l’annonce de signature de la CFTC », a affirmé alors Myriam Boudouma, de la fédération CFDT du commerce. La CFDT qui défendait aussi le repos dominical a donc aussi cédé ce qui aboutit avec la CGC à donner 53 % des voix syndicales au patronat et au gouvernement complice.

Seules la CGT et FO (48 % des voix) tiennent bon sur le principe historique du repos du dimanche. Les fédérations du commerce FO, CGT et SUD ont déposé des recours auprès du Conseil d’Etat pour demander l’annulation du sinistre décret autorisant les magasins de bricolage à exploiter leurs salariés le dimanche.

« Cet accord est conforme aux engagements souscrits par la profession. Il permet de garantir l’effectivité du volontariat et des contreparties substantielles pour les salariés travaillant le dimanche » se félicite sans gène Michel Sapin, le Ministre du travail qui contribue ainsi à casser 100 ans d’histoire du repos du dimanche.

 

Il faut quand même préciser que l’expression « garantir l’effectivité du volontariat » vaut son pesant d’or. Il n’y a pas de volontariat en droit du travail, le salarié est subordonné et c’est le patron qui décide !

A tel point que l’accord se croit obligé de préciser lourdement qu’il y aura un « droit au refus qui ne peut entraîner aucune discrimination ou sanction », qu’il y aura  » réversibilité à tout moment de l’année avec un préavis d’un mois » et même « un égal accès au travail le dimanche pour les volontaires » via un « roulement » (sic). Toutes ces faux semblants inapplicables ne modifient en rien le fait juridique incontournable que c’est le patron qui décidera unilatéralement.

L’accord prévoit

le doublement au minimum (qu’est ce que ca veut dire ?) de la rémunération,

l’attribution d’un repos compensateur complété par la création d’un crédit temps supplémentaire de repos (un gouffre d’imprécision),

des engagements (tout aussi imprécis) en termes d’emploi et d’accès à la formation, et la garantie de 12 dimanche par an non travaillés « pour mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle ».

Sur ce dernier point c’est pire que le rapport Bailly qui envisageait 12 dimanche travaillés sur 52 (5 en accord avec le maire, 7 décidés par le patron). Là il s’agit de 12 dimanches non travaillés sur 52 avec l’aveu inouï qu’il faut « mieux (sic) concilier vie professionnelle et vie personnelle » mais qu’on dégringole de 52 à 47 puis à 40 puis à 12 dimanches de repos…



28/01/2014

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