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retraites : la répartition des richesses incontournable !

Eric Aubin (CGT) : « La retraite pose la question de la répartition des richesses »

Par Nathanaël Uhl21 mai 2013
Eric Aubin (CGT) : « La retraite pose la question de la répartition des (...)
 

La réforme des retraites a été lancée lundi 13 mai par une série de rencontres bilatérales entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Avant que les négociations ne rentrent dans le vif du sujet, Eric Aubain, pour la CGT, revient sur les enjeux de cette réforme.

  RETRAITECGT

Regards.fr.  Après la rencontre que vous avez eue le 13 mai avec les représentants du gouvernement, que vous inspire la réforme des retraites annoncée par le Premier ministre ?

Eric Aubin. Deux propositions sont en train de voir le jour. La première consiste en un allongement de la durée de cotisation avec, comme corollaire, la baisse du niveau des pensions. La seconde est la désindexation des pensions, c’est-à-dire qu’elles ne seront plus indexées par rapport à l’inflation. L’argument utilisé pour justifier cette régression est que les partenaires sociaux – sauf la CGT – ont accepté que les retraites complémentaires soient désindexées avec des conséquences brutales sur le pouvoir d’achat des retraités.

L’allongement de la durée de cotisation était déjà au cœur des réformes Raffarin et Fillon des retraites. Pourquoi ce qui a échoué hier fonctionnerait demain ?

Ce sont en effet de vieilles recettes qui ont fait la preuve de leur échec, puisque le gouvernement nous annonce un déficit de l’ordre de 20 à 25 milliards d’euros d’ici 2018. Nous plaidons, à la CGT, pour une vraie réforme du financement des retraites. La droite nous la refuse depuis 1993. Nous avons espéré que la gauche nous entende mais les rencontres du 13 mai ne laissent pas penser que nous en prenons le chemin.

Quelles sont les lignes force de la réforme du financement que vous proposez ?

Nous pensons que continuer à asseoir le financement des retraites sur la seule masse salariale est contre-productif. Nous souhaitons prendre en compte dans le calcul la part que représentent les salaires dans la plus-value et donc intégrer les revenus financiers des entreprises. Selon nos calculs, cela représenterait 20 milliards d’euros de revenus annuels pour l’ensemble des régimes de retraite. Ainsi, nous montrons qu’il existe des moyens pour une vraie réforme des retraites mais elle dépend d’une autre orientation politique de la part du gouvernement. Nous posons donc la question du partage des richesses.

Pour l’heure, si nous remettons en cohérence le crédit impôt, l’ANI, l’amnistie sociale et les retraites, la CGT ne semble pas avoir l’oreille du gouvernement…

Le discours a profondément changé entre la première conférence sociale, en juillet 2012, et aujourd’hui. Pour nous, le tournant reste les Universités d’été du MEDEF. Depuis lors, le gouvernement s’est montré extrêmement sensible aux positions de cette organisation patronale. Cela nous a amenés à demander au gouvernement qu’il choisisse son camp. Il a visiblement choisi celui du MEDEF. Mais il y a aussi la pression de la Commission européenne. L’écoute attentive de la conférence de presse de bilan de François Hollande a témoigné de cette pression. Sur les retraites, comme sur d’autres « réformes structurelles », le calendrier s’est resserré. Le Premier ministre nous avait annoncé un débat fin 2013-début 2014, le Président parle désormais de la rentrée de septembre.

Quel objectif poursuivrait l’Union européenne dans le dossier des retraites ?

L’UE prône en faveur de l’introduction de la capitalisation. La baisse du niveau des pensions, qui reste la principale conséquence du recul de l’âge de la retraite et de l’allongement de la durée de cotisation, amènera les salariés à se tourner vers des régimes d’assurance privée. Cela n’aura pour effet que de fragiliser encore le système solidaire de retraite conçu par le Conseil national de la résistance.

Peut être que ce système, issu de la 2e guerre mondiale, est aujourd’hui dépassé. Ne faut-il pas voir au-delà ?

Bien sûr que nous ne sommes plus en 1944. Il faut adapter notre système de protection sociale pour le pérenniser en introduisant de nouvelles formes de répartition des richesses. Nous ne voulons pas remettre en cause le système solidaire de protection collective mais le renforcer. Cela passe par une nouvelle politique de l’emploi. Notamment, nous demandons la fin des exonérations de cotisations sociales part employeur qui ne servent pas à créer de l’emploi mais à verser plus de dividendes aux actionnaires .



22/05/2013

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