Union Locale CGT de Lanester, Hennebont et sa région.

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FRANÇOIS HOLLANDE INSPIRÉ PAR LE DÉRÉGULATEUR SOCIAL PETER HARTZ

Peter Hartz (à gauche), l'inspirateur des lois de dérégulations du marché du travail allemand menées par le chancelier Gerhard Schröder

SOCIAL-ECO -  le 28 Janvier 2014

 

François Hollande inspiré par le dérégulateur social Peter Hartz

 

 

François Hollande a bel et bien rencontré Peter Hartz, le père de la dérégulation du marché du travail en Allemagne. L'Elysée dément que l'inspirateur de Gerhard Schröder ait rang de conseiller auprès du président français sur la lutte contre le chômage.

L'entourage du président français a démenti que Peter Hartz le conseille, comme l'a affirmé un quotidien régional allemand ce mardi, mais reconnaît que François Hollande l'a vu à l'Elysée il y a deux mois "comme d'autres visiteurs". "Peter Hartz voulait inviter le président de la République à un colloque. Le reste, c'est de l'affabulation", explique-t-on de même source.

"Quelqu'un d'intéressant"

Cette visite n'est pourtant pas si anodine, alors que le gouvernement a échoué à tenir sa promesse d'inverser la courbe du chômage en 2013. L'ancien conseiller du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder a inspiré les réformes menées de 2003 à 2005, dont la baisse des allocations chômage, qui sont aujourd'hui considérées comme un modèle du genre par la droite française. Mais pas que. Interrogé sur le sujet sur France Inter, le ministre du Travail, Michel Sapin, estime: "C'est quelqu'un qui est intéressant (...) Qu'on l'écoute, qu'on parle avec lui, qu'on regarde quelle était l'expérience, ça me paraît être la moindre des choses." Ajoutant cependant: "On a le droit d'ouvrir les oreilles, d'ouvrir les yeux, on n'est pas obligé de suivre pour autant".

Fuite en avant libérale

La proximité de Hartz avec l'Elysée ne laisse pas de marbre le secrétaire général. "Il faut qu'il arrête de prendre des leçons ailleurs, il faut qu'il dirige le pays comme il s'y est engagé, avec le programme qu'il avait proposé aux Françaises et aux Français", estime Thierry Lepaon sur RTL.

Même conseil formulé par Jean-Claude Mailly. "On aura tout vu", estime le leader de Force ouvrière sur France 2 qui déplore la "fuite en avant libérale" du gouvernement. "Si (François Hollande) prend conseil auprès de celui qui a cassé les droits des chômeurs en Allemagne, on ne comprend plus très bien où il va ou on comprend trop".

Agenda 2010

Plus tôt ce mardi matin, le Saarbrücker Zeitung avait révélé ces contacts entre Peter Hartz et l'Elysée. L'ancien membre du directoire du constructeur automobile Volkswagen, avait été chargé en 2002 par le chancelier d'alors Gerhard Schröder, de présenter une série de réformes du marché du travail allemand: l'Agenda 2010 Un scénario "à l'allemande" que reprend à son compte le gouvernement français.

Le modèle allemand: entre rêve statistique et cauchemar social

Avec 5 % de chômage, l’Allemagne laisse rêveur l’ensemble des gouvernants européens et les experts en tout genre de la doxa libérale. Mais derrière les chiffres, une réalité moins idyllique.

Comme le rappelait récemment l’Insee dans un dossier spécial Allemagne, la baisse du chômage depuis 2005 chez nos voisins d’outre-Rhin serait liée notamment à une croissance plus forte, une bonne demande extérieure, mais aussi et surtout aux réformes Hartz mises en place en 2002 sous l’administration Schröder. Le taux de chômage en Allemagne oscillait alors entre 7,5% et 8%, comme dans l’Hexagone. Dix ans plus tard, l’Allemagne frôle le plein emploi tandis que la France n’en finit pas de s’enliser avec, d’après l’OCDE, un taux de chômage prévisionnel de 11,25% pour la fin 2013.

20% de salariés avec des minijobs

Mais regardons d’un peu plus près de quoi est fait ce «miracle» allemand. à l’époque, l’inspiration générale de ces réformes consiste à lutter contre le «chômage volontaire» en détricotant le droit du travail allemand. Ces lois sont ensuite distillées de 2003 à 2005 sous la forme de 4 «paquets» de plus en plus lourds à porter pour les travailleurs. Si dans la loi Hartz 1, on ne parle encore que de «simplification des procédures d’embauche», la seconde mouture incitera les chômeurs à accepter des emplois très faiblement rémunérés de type «minijob» (contrat de travail précaire, moins taxé) et « midijob » avec des salaires compris entre 400 et 800 euros par mois pour
15 à 20 heures par semaines. Ces deux types de contrats concernent actuellement 20% des employés allemands.

Réduction des indemnités chômage

Plus tard, la loi Hartz 3 «assouplira» les règles de licenciements, tandis que la version numéro 4 réduira (de 32 à 12 mois) les indemnités versées aux chômeurs de longue durée qui refusent des emplois en dessous de leur qualification. Du coup, comme le fait remarquer un rapport du Sénat français datant de 2012, «si le paquet Hartz a eu des effets sur l’emploi en terme de volumes, une analyse plus qualitative fait ressortir une dégradation des conditions d’emploi». Aussi, de nombreux organismes locaux jugent ces réformes responsables de l’appauvrissement général de la population active avec des salaires à l’arrêt et la généralisation du travail partiel qui maquille des chiffres du chômage trompeurs.

C’est pourtant cette même philosophie que le très germanophile Jean-Marc Ayrault a choisi de suivre en voulant imposer l’ANI (accord national interprofessionnel) aux Français. Un accord dit de «sécurisation de l’emploi» qui est avant tout une attaque violente contre le droit du travail. Le deuxième temps de ce scénario "à l'allemande" a été enclenché par le "pacte de responsabilité"



28/01/2014

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