Wong Maye-EWong Maye-E / The Associated Press

SAVAR, Bangladesh – Le ministre des Finances du Bangladesh a minimisé l’impact de l’effondrement d’une usine la semaine dernière sur l’industrie du textile de son pays, qualifiant le désastre de «pas trop sérieux» vendredi, quelques heures après que le 500e corps eut été retiré des décombres.

Aboul Maal Abdoul Muhith a fait ces commentaires alors les autorités annonçaient l’arrestation du maire de Savar, la banlieue de Dacca où s’est produite la catastrophe, et de l’ingénieur qui aurait aidé le propriétaire de l’édifice à y ajouter trois étages illégaux. Ce même ingénieur, Abdour Razzak Khan, avait demandé l’évacuation de l’immeuble la semaine dernière.

On reproche au maire de Savar, Kabir Hossain Sardar, d’avoir déclaré que l’édifice était sécuritaire après l’avoir inspecté la veille de l’effondrement.

Lors d’une visite dans la capitale indienne New Delhi, le ministre Muhith a soutenu que le désastre ne ferait pas de tort à l’industrie textile du pays, qui représente de loin la source la plus importante de revenus d’exportation.

L’industrie du textile au Bangladesh a une valeur annuelle de 20 milliards $ US.

«Je ne crois pas que les difficultés actuelles sont très sérieuses — c’est un accident. Et les mesures que nous avons prises pour nous assurer que ça n’arrive plus sont très élaborées et je crois qu’elles seront appréciées de tous», a-t-il soutenu.

Lorsqu’on lui a demandé s’il craignait que des entreprises étrangères déplacent leur production de vêtements hors du Bangladesh, M. Muhith a renchéri que le désastre était un simple accident.

«Ça arrive partout», a-t-il opiné.

L’effondrement du 24 avril est probablement l’accident dans une usine de vêtements le plus mortel dans l’histoire mondiale.

Son ampleur a surpassé d’autres catastrophes importantes à avoir eu lieu dans l’industrie, soit l’incendie de l’usine Shirtwaist de New York, qui a tué 146 travailleurs en 1911, et des tragédies plus récentes, comme un incendie qui a fait 260 morts au Pakistan en 2012 et un autre qui a tué 112 personnes au Bangladesh la même année.

Sur les lieux de l’accident, le bilan a atteint 501 morts et n’a probablement pas fini de s’alourdir. Le nombre officiel de disparus s’établit à 149 depuis mercredi, mais d’autres sources évoquent un chiffre beaucoup plus élevé.

«Nous agissons toujours avec prudence pour que les corps soient intacts», a expliqué le major-général Chowdhury Hassan Suhwardy, le commandant de la garnison militaire qui supervise les secours.

Un enquêteur du gouvernement a déclaré vendredi que la combinaison de matériaux de construction inférieurs aux normes et des vibrations de la machinerie lourde utilisée par les cinq usines à l’intérieur de l’édifice a causé l’effondrement.

Selon Mainuddin Khandkar, qui est à la tête du comité d’enquête, l’édifice n’était pas assez solide pour abriter l’équipement des usines de vêtements.

Environ 15 minutes avant l’effondrement, l’édifice a eu une panne d’électricité, et ses grosses génératrices ont été allumées, ce qui a fait trembler l’édifice, a expliqué M. Khandkar.

«Les vibrations crées par les machines et les génératrices qui opéraient dans les cinq usines ont contribué aux failles et ensuite à l’effondrement», a-t-il résumé, ajoutant que le rapport complet sera soumis au gouvernement dans quelques jours.

Le propriétaire de l’édifice illégal de huit étages, Mohammed Sohel Rana, a déjà été arrêté par la police. Il devrait faire face à des accusations de négligence, de construction illégale et d’avoir contraint ses employés à travailler. Des accusations plus graves pourraient éventuellement être portées contre lui.

 

 

Personne n'en parle plus, il y a eu 500 mortes

Le bilan c'est 500 très jeunes femmes assassinées par leur patron qui tentait de s'enfuir. Voilà le brillant résultat des sous-traitance en chaîne, jusqu'à un coût du travail de 30€ par mois, moins cher qu'en Chine! Nos grandes marques de fringues; c'est là-bas qu'elle font leurs marges sur la vie, la santé de ces femmes. Il faut une catastrophe pour qu'on en parle.Monsieur BAYROU qui trouve le Code du travail français tellement lourd et tellement fastidieux comparé au code du travail suisse pourrait se pencher sur celui du bengladesh encore plus léger et pas trop pénible à déchiffer pour les chefs d'entreprise surbookés.  

Il n'y a pas de paragraphe sur la santé et la sécurité au travail, pas une ligne sur les pauses obligatoires, rien sur les accidents du travail.  C'est à ça qu'on mesure ce qu'est la construction patiente d'un Code du travail, un minimum protecteur pour les salariés. C'est ce Code du travail là que le MEDEF veut démolir, avec l'ANI il a franchi une étape. Le Bengladesh voilà un modèle pour un coût du travail compétitif, où le patronat est libéré des rigidités sociales et de toute judiciarisation ! Toutes les marques européennes de textile ont trouvé là un havre de "liberté entreprenariale" et elle ne s'en privent pas.

Espérons que cette catastrophe serve au moins à ce que là-bas un employeur soit contraint à un minimum de normes sociales et qu'on ne livre plus des jeunes filles de 10 ans à la mort pour un salaire de 30€ par mois.

Dans nos médias dénonciatrices des turpitudes on n'a pas cherché à savoir les sommes que Mango, Benneton et les autres faisient sur les vêtements fabriqués par les ouvrières de DACCA. Des étiquettes des marques qui font de la pub ont été retrouvées sur les lieux du crime.

Comment pourrions-nous d'ici transmettre nos condoléances aux familles et notre solidarité avec celles et ceux qui ont survécu