Union Locale CGT de Lanester, Hennebont et sa région.

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CRÉDIT MUTUEL-CIC - UN DOCUMENTAIRE SUR LE CRÉDIT MUTUEL (ÉVASION FISCALE) CENSURÉ PAR BOLLORÉ, PATRON DE VIVENDI, SOCIÉTÉ MÈRE DE CANAL+ jeudi 30 juillet 2015

CRÉDIT MUTUEL-CIC - UN DOCUMENTAIRE SUR LE CRÉDIT MUTUEL (ÉVASION FISCALE) CENSURÉ PAR BOLLORÉ, PATRON DE VIVENDI, SOCIÉTÉ MÈRE DE CANAL+

jeudi 30 juillet 2015

Deux hauts dirigeants de Pasche Monaco (filiale du Crédit Mutuel visée pour dérive mafieuse), Christophe Mazurier et Jürg Schmid, pour les 125 ans de la banque en 2010. © DR

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A Canal+, Vincent Bolloré censure un documentaire sur le Crédit Mutuel

Vincent Bolloré, tout-puissant patron du groupe Vivendi, la maison mère de Canal+, a personnellement censuré d’un simple coup de téléphone un documentaire sur le Crédit mutuel et la fraude fiscale, qui devait être diffusé sur la chaîne cryptée. Bolloré et le Crédit mutuel ont de nombreux liens d’intérêt. Révélations.

Vincent Bolloré n’aime peut-être pas Les Guignols de l’info, mais cela ne l’empêche pas de considérer les journalistes comme des marionnettes. Le milliardaire, tout-puissant patron du groupe Vivendi, la maison mère de Canal+, a personnellement censuré au printemps dernier un documentaire sur le Crédit mutuel et la fraude fiscale, qui devait être diffusé dans l’émission d’enquête de la chaîne, Spécial Investigation.

Alors que le film (qui contient plusieurs révélations embarrassantes pour la banque mutualiste) avait été validé par la direction des programmes et le service juridique de la chaîne, c’est par un simple coup de fil à Canal+ que Vincent Bolloré a signé l’acte de décès du documentaire, selon plusieurs sources internes. La raison est simple : le Crédit mutuel est l’un des principaux partenaires financiers des activités du groupe Bolloré ; Michel Lucas, son patron, est par ailleurs un intime de l’actionnaire majoritaire de la chaîne cryptée.

Mediapart, qui se trouvait être partenaire de cette enquête, signée par Geoffrey Livolsi et Nicolas Vescovacci (avec Raphaël Tresanini), connaît bien les dessous de cette triste histoire, très brièvement évoquée dans le magazine Society cette semaine. Bien avant la marginalisation des Guignols et l’éviction de ses auteurs, cette censure à l’ancienne apparaît désormais comme la première preuve de la reprise en main féroce de la chaîne par Bolloré. Elle est aussi le signal de futurs jours sombres pour l’indépendance de la politique éditoriale que Canal+ aime pourtant à revendiquer sur son antenne. L’affaire, inédite dans l’histoire de Canal+, a laissé des traces profondes au sein de la chaîne.

« En quinze ans, je n’avais encore jamais vécu une censure aussi franche et brutale », confirme aujourd’hui Jean-Pierre Canet, rédacteur en chef et producteur du documentaire. « Aucune concertation ni aucune négociation n’a été possible avec la direction ou l’actionnaire principal de Canal+ », poursuit-il.

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Le Crédit mutuel-CIC est visé par une enquête pour évasion fiscale

22 décembre 2014 | Par Geoffrey Livolsi - Mediapart.fr

Après l’ouverture d’une enquête en novembre 2013 à Monaco pour blanchiment d’argent concernant l’une de ses filiales suisses de private banking, la banque Pasche, les soupçons se rapprochent de la maison mère.

Les ennuis s’accumulent pour le groupe français Crédit mutuel-CIC, deuxième banque de détail française. Après l’ouverture d’une enquête en novembre 2013 à Monaco pour blanchiment d’argent concernant l’une de ses filiales suisses de private banking, la banque Pasche – dont Mediapart a dévoilé le système d’organisation de fraude fiscale et de blanchiment d’argent en cours au sein de l’établissement dans une série d’articles en juin dernier (à lire ici) –, les soupçons se rapprochent de la maison mère.

Dans un courrier daté du 26 novembre auquel Mediapart a eu accès, le procureur général des affaires économiques et financières, Marc Rouchayrol, annonce que la Direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) a été saisie par la procureure nationale financière, Éliane Houlette, à la suite de soupçons de fraudes fiscales.

Le Crédit mutuel-CIC est suspecté par les services de Bercy d’avoir organisé un système d’évasion fiscale via sa filiale genevoise, la banque Pasche. Le Crédit mutuel a-t-il mis en place un système de démarchage de clients français comme la banque UBS ? Les investigations de la DNEF devraient permettre d’identifier les différents montages qui ont permis à des ressortissants français d’échapper au fisc.

La procureure nationale adjointe du parquet financier, Ulrika Delaunay-Weiss, a confirmé à Mediapart que ses services avaient bien été saisis de deux dossiers concernant le Crédit mutuel-CIC. Selon une source proche du dossier, l’Autorité de contrôle prudentiel et de régulation (ACPR) a également été saisie du dossier et devrait mener une enquête en parallèle. C’est une enquête de la brigade financière de Lyon pour démarchage illicite de clients du CIC qui a attiré l’attention du parquet national financier. Dans ce dossier en cours depuis 2012, le Crédit mutuel-CIC est soupçonné d’avoir organisé, entre 2000 et 2007, l’évasion fiscale d’une riche contribuable de la région vers sa filiale suisse.

Une procédure qui vient s’ajouter à celle en cours à Monaco. Le juge d’instruction, Pierre Kuentz, enquête depuis novembre 2013 sur la banque Pasche Monaco. En juillet dernier, deux anciens dirigeants de l’établissement avaient été placés en garde à vue. Alertée de possibles malversations au sein de sa filiale par des salariés, la direction du Crédit mutuel-CIC n’avait pourtant pris aucune mesure pour enquêter sur les agissements de sa succursale monégasque. Les trois lanceurs d’alerte avaient été licenciés pour raisons économiques quelques semaines plus tard.

Un dossier qui remonte aujourd’hui à Paris. Comme le révélaient jeudi dernier nos confrères du Nouvel Observateur, une « dénonce » (un signalement) a également été faite par l’avocate des lanceurs d’alerte, Sophie Jonquet, auprès du parquet national financier. Selon nos informations, le dossier devrait être à son tour transmis à la Direction nationale des enquêtes fiscales. La banque Pasche est soupçonnée d’avoir organisé un système d’évasion fiscale via les Bahamas et Genève.

Contacté par Mediapart, le Crédit mutuel n’a pas souhaité s’exprimer. Mais l’inquiétude est palpable au sein de la direction du groupe bancaire. Depuis juin 2013, la banque se sépare des différentes succursales de sa filiale. En octobre dernier, la banque Pasche Luxembourg était cédée au groupe Havilland, le même qui avait racheté, en juin 2013, l’antenne monégasque.

Une filiale du Crédit Mutuel en pleine « dérive mafieuse »

05 juin 2014 | Par Dan Israel et Fabrice Arfi et Geoffrey Livolsi - Mediapart.fr

Des documents et témoignages recueillis par Mediapart révèlent un système d’évaporation de fonds vers les paradis fiscaux et divers circuits de blanchiment d’argent au sein de la banque Pasche de Monaco, quand elle était une filiale du groupe français Crédit Mutuel. Un ancien dirigeant de la FIFA, impliqué dans des affaires de corruption, apparaît dans la liste des clients avec plus de 30 millions d’euros sur son compte.

C’est une plongée inédite dans l’industrie du blanchiment d’argent. Au terme de plusieurs semaines d’enquête, Mediapart entame la publication d’une série d’articles sur les dérives de la banque Pasche de Monaco entre 2010 et fin 2013. Elle était alors une filiale du groupe Crédit Mutuel/CIC, deuxième banque de détail en France et premier propriétaire de titres de la presse régionale.

Les documents et témoignages recueillis décrivent de l’intérieur un impressionnant système d’évaporation de fonds vers les paradis fiscaux (Panama, Bahamas…) et révèlent divers circuits de blanchiment d’argent liquide. Ils interrogent également sur le climat de laisser-faire entretenu, malgré les alertes internes, par les plus hautes instances de la banque monégasque, mais aussi de la maison mère à Paris. Interrogé, le Crédit Mutuel n’a souhaité faire aucun commentaire [voir sous l’onglet « Prolonger » la liste des questions posées par Mediapart].

Certaines personnalités associées à des affaires judiciaires, comme le Brésilien Ricardo Teixeira, ancien dirigeant de la FIFA impliqué dans plusieurs dossiers de corruption, apparaissent par ailleurs dans la liste des clients de la Pasche Monaco, d’après les documents en notre possession. Les pratiques douteuses de la Pasche Monaco, dont le Crédit Mutuel s’est séparé fin 2013 en catastrophe, sont au cœur depuis l’été dernier d’une information judiciaire ouverte sur le Rocher pour des faits de « blanchiment ».

Les investigations ont été élargies, il y a peu, à la demande du juge d’instruction en charge du dossier, Pierre Kuentz, à des « omissions de déclarations de soupçons de blanchiment » auprès des autorités de contrôle, au regard du nombre étourdissant de transactions suspectes opérées par la banque depuis des années.

Cela ressemble à un secret de polichinelle. « J’avais l’impression que la banque était une coquille vide, un établissement fictif sans véritable client. La Pasche était en déficit chronique depuis des années », confie aujourd’hui Maurice Pilot, éphémère président du conseil d’administration de la banque monégasque, entre juin et septembre 2011. Il sera remplacé par l’avocat genevois Dominique Warluzel, dont le nom est cité à plusieurs reprises dans le volet financier de l’affaire Karachi – Me Warluzel apparaît comme le représentant légal d’une société écran panaméenne ayant permis la corruption de l’ancien ministre de la défense d’Arabie saoudite, le prince Sultan, en marge de ventes d’armes décidées par le gouvernement Balladur.

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31/07/2015

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