Union Locale CGT de Lanester, Hennebont et sa région.

Union Locale CGT de Lanester, Hennebont et sa région.

Austérité et obsession des 3% : Points de vue

source : Alternatives Economiques

 

 

 

Compte tenu de la récession actuelle et de la montée continue du chômage, Alternatives économiques lance un appel à retarder le retour sous la barre des 3% de déficit public.

 

 

Compte tenu de la nette dégradation de la conjoncture ces derniers mois et de la montée continue du chômage et de la pauvreté, Alternatives économiques a décidé de lancer l’appel « Les 3 % c’est pas maintenant » pour demander au gouvernement de surseoir à l’objectif inatteignable et contreproductif de faire revenir les déficits publics français sous la barre des 3 % du PIB dès 2013. Pour des raisons de commodité et de rapidité, cet appel a été mis en ligne sous la forme d’un « évènement Facebook ». Il est accessible à tous ici. N'hésitez pas donc à soutenir cet appel en participant à cet « évènement », à y convier vos « amis FB » et à le relayer dans vos réseaux. Ci-dessous le texte de l'appel :

 


Les 3 %, c’est pas maintenant

 


Nous approuvons la volonté manifestée par François Hollande de rétablir l’équilibre des finances publiques au cours de son quinquennat après une décennie de cadeaux fiscaux aux plus aisés et aux entreprises qui ont notablement contribué à creuser ces déficits et à gonfler la dette publique française. Mais pour atteindre cet objectif, il est indispensable de tenir compte de la conjoncture. L’économie française stagne depuis de longs mois et elle est probablement entrée en récession l’été dernier. C’est aussi le cas, depuis plus longtemps encore, de la zone euro dans son ensemble. Dans ces conditions vouloir ramener de 4,5 % en 2012 à 3 % du PIB les déficits publics dès 2013 risque de plonger l’économie française dans la dépression et de faire bondir le chômage alors que celui-ci vient déjà de battre les records établis dans les années 1990. Une hausse qui serait socialement et politiquement inacceptable. D’autant plus que, au bout du compte, l’objectif de 3 % de déficit ne serait pas atteint et que l’endettement public continuerait à s’accroître comme le montrent les exemples de l’Italie, de l’Espagne ou encore de la Grèce. Compte tenu du poids de l’économie française, seconde économie européenne, une telle politique risquerait de plus d’aggraver de façon significative les difficultés de la zone euro et de relancer la crise des dettes souveraines européennes.

 

 

Dans ces conditions, il nous paraît indispensable de repousser le retour à 3 % de déficit public comme la plupart des économistes le recommandent. Tenir ses engagements est incontestablement une qualité pour un dirigeant politique et François Hollande a montré depuis le 6 mai dernier qu’il y est attaché. Mais il est aussi indispensable pour un homme d’Etat de savoir s’adapter aux circonstances lorsque celles-ci ont changé. Et c’est manifestement le cas de la situation économique française et européenne depuis le moment où François Hollande avait formulé en 2011 l’engagement de ramener les déficits publics sous la barre des 3% dès 2013. Quoi qu’on pense par ailleurs de leur pertinence, les réformes récentes de la surveillance budgétaire européenne, basées sur la notion de déficit structurel, fournissent de solides arguments pour dévier de cet engagement. Les investisseurs eux-mêmes, très inquiets de voir la zone euro s’enfoncer dans la récession du fait des politiques budgétaires trop restrictives menées en son sein, comprendront un tel geste.

 

 

En conséquence, François Hollande doit se sentir libéré de cette promesse intenable et contreproductive et trouver les moyens de convaincre ses collègues européens de la nécessité de repousser cette échéance. Il vaut mieux affronter aujourd’hui les difficultés liées à un tel renoncement que de constater demain qu’on n’a pas atteint les 3 % de déficit après avoir plongé le pays dans la récession et accumulé des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires.

 


Alternatives économiques
Article Web - 27 septembre 2012

 

 

 

 

Pourquoi l'obsession des 3 % va faire plonger la zone euro


Guillaume Duval                                     source : Alternatives Economiques
Article Web - 21 septembre 2012
 
 
couverture
Pourquoi on ne s'en sort pas

 

Malgré les effets bénéfiques attendus de l’action de la Banque centrale européenne, le pire est à prévoir pour la zone euro si la France s'obstine à mettre en oeuvre sa politique d'austérité drastique.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a programmé pour l’an prochain un tour de vis budgétaire sans précédent pour ramener d’un coup les déficits publics français de 4,5 % du PIB à 3 % (ce qui revient à retirer brutalement 30 milliards d’euros du circuit économique). Cette action risque de plonger une économie française déjà flageolante dans la récession et de faire exploser le chômage alors que le record de 1997 vient tout juste d’être dépassé ainsi que la barre des 5 millions d’inscrits à Pôle emploi. Mais cela risque aussi et surtout de faire plonger l’ensemble de la zone euro dans une sévère dépression.

 

En effet jusqu’ici seule la consommation des Français a permis d’éviter que la zone Euro ne s’enfonce dans une récession beaucoup plus grave encore au moment où l’Espagne (4ème économie de la zone) et l’Italie (3ème économie) replongeaient depuis 2010. Cette bonne tenue de la consommation française est liée notamment à l’austérité budgétaire très modérée mise en œuvre par le gouvernement de Nicolas Sarkozy pour 2012 du fait des échéances électorales. Malgré leur relative bonne santé économique, liée en particulier à leurs exportations hors zone euro, nos voisins allemands n’ont pas en réalité desserré leur ceinture de façon significative. Le fait que les Français aient assumé seuls depuis deux ans la fonction de « consommateurs en dernier ressort » de la zone euro n’est évidemment pas sans inconvénient pour l’économie de l’Hexagone : cet état de fait entretient en particulier un lien étroit avec la dégradation des comptes extérieurs du pays. Une dégradation qui ne peut pas se prolonger indéfiniment.

 

Le tour de vis budgétaire sans précédent programmé l’an prochain risque toutefois d’y mettre un terme brutal en entraînant un recul de la consommation des Français. Certes la consommation ne fait pas le bonheur et elle entraîne dans certains domaines des gaspillages et des atteintes à l’environnement dont on pourrait volontiers se passer, mais son niveau global (qui inclut également la consommation de services publics) entretient malgré tout un lien étroit avec l’activité économique et donc l’emploi (et le chômage…).

Parallèlement la plus stricte austérité sera maintenue (voir aggravée) en Espagne, en Italie et dans les autres pays en crise tandis qu’il n’y a aucun signe que nos voisins allemands soient prêts à prendre notre relais en termes de consommation. Au contraire ils s’apprêtent même plutôt à se serrer de nouveau davantage la ceinture eux aussi compte tenu de la dégradation de la situation dans les pays émergents et de la stagnation correspondante de leurs exportations. Dans ces conditions, du fait de la forte et nouvelle austérité française, le pire est à prévoir pour l’économie de la zone euro, et cela malgré les effets bénéfiques attendus de l’action de la Banque centrale européenne vis-à-vis des titres de dette des pays en crise…


Guillaume Duval
Article Web - 21 septembre 2012


02/10/2012

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 70 autres membres